[Intro] :
- Quoi ? Qu’est-ce que t’as encore toi ?
- Hey Sat ! (Quoi ?) Me prends pas pour un con, qu’est-ce tu fais ? Je me fais chier avec les gamins de mon âge
- Pourquoi ?
- Ils sont trop bidons
- Allez arrête
- Ils sont juste bon de parler de Pop Stars, Mariah Carey, de Pokémons
- Qu’est-ce tu veux, c’est de votre âge ça
- Je veux faire des vrais trucs, moi, comme vous les grands
Aller dans les soirées, faire des virées, les gonzesses, aller dans les concerts tout seul
- Ouais ouais c’est ça, tu veux pas conduire une voiture tout seul non plus tant que t’y es ?
- Nan mais ça à chaque fois les grands, on doit les gratter ils disent
- Pourquoi ?
- Et ouais c’est ça, va acheter nos bières, nos pizzas
- Et ouais qu’est-ce tu veux, moi aussi je suis passé par là à ton âge
- De toute façon je suis sûr à mon âge tu étais un mouille-dessus, c’est vrai, hein dis-le !
[Couplet 1] :
Petit, je voulais tout savoir, tout comprendre, tout connaître
J'ameutais même tout le quartier quand ça trottait dans ma petite tête
Je faisais rire les malhonnêtes
Quand je demandais ce qu'ils mixaient aux cigarettes
Ce qui se passait dans les sex-shops, dans les discothèques et aux Baumettes
Ce que venaient chercher toutes ces loques humaines
Ces énergumènes, c'était cher payé pour du sucre, du chocolat tout de même
Quand je posais trop de questions, on me disait de quoi tu t'occupes hein ?
Puis je répliquais tu fais moins le malin quand t'as les flics au cul, toi !
J'ai pris quelques baffes, puis les années passèrent
J'ai saisi leur taff et me suis attardé sur leurs petites sœurs
Sans père pour la plupart à la maison, ni repères
Oublie les stars de ciné, seuls les grands de la cité nous fascinaient
Avec du recul, c'étaient que des petits dealers et voleurs
Mais faire une virée dans leurs caisses, pour nous c'était le vrai bonheur
J'en parle avec mélancolie vu qu'aujourd'hui j'ai le rôle inverse
Et voir ce que les gosses de maintenant traversent me bouleverse
De nos jours, on n'est que de grands enfants
Les filles raffolent de ces jolis bijoux, nous de ces grosses voitures et jolis joujoux
Tu sais ce qui font de la peine, causent de gros boum et de gros trous
Rien n'a changé, tout s'est juste détérioré autour
Conscient qu'y a rien de plus beau ni de plus innocent que les mioches
La chair de ta chair, le sang de ton sang
Dédié à l'avenir, la relève, ceux déjà livrés à eux-mêmes
Et la raison de vivre pourtant et tant de merde
[Interlude]
Mais aujourd'hui c'est plus la même époque
Au même âge les gamins de maintenant ils en savent dix fois plus que nous de notre temps
Ils sont éveillés, conscients, ils se prennent la tête
Pour des business, l'argent, le sexe, l'avenir
C'est plus des mômes, c'est des petites femmes et des petits hommes
Et tôt ou tard, ça on va le payer cher !
[Couplet 2] :
Il est pas plus haut que trois pommes, m'arrive à la taille ce môme
Me dit "Sat, faut que je trouve un truc dare-dare je me sens comme meurtri
J'ai trop d'amertume quand je vois que ma mère trime
Ras le bol de ce type qu'on me dit d'appeler Père qui picole
Comme toi j'aimerais vivre de mes rimes mais parti comme ça l'est
Au rythme où vont les choses, je vais me convertir dans le crime
Quant à toi, continue, représente nous on t'aime
Et si on devient des caïds, on règlera même tous tes problèmes
Merde ça en dit long sur la direction que prennent ces mômes"
Merde ! Ça en dit long sur toute l'évolution de ce monde
Ils attendent rien de moi ni de personne, volent de leurs propres ailes
Ont leurs propres codes et quadrillent même déjà leurs propres zones
Je peux rien faire pour eux, hormis les réconforter
Leur dire des trucs nases du genre que tout est à leurs portée
Tant qu'il y a de la vie, y'a de l'espoir, tant que nos au revoir ne sont pas des adieux
Ça nous laisse au moins une bonne raison d'y croire
En quoi ? des jours plus radieux, une vie meilleure
Et tant qu'on y est pourquoi pas à Dieu
Dédié à tous ces Kids, à tous ces gosses, à tous ces mômes
Qu'on considère presque comme les nôtres, one love
[Outro]
One love, one love, tu t’es pris pour Bob Marley ou quoi ?
Allez casse-toi tu m'as saoulé !