[Paroles de "Hermano Salvatore vs. Saminem"]
[Round 1 : Hermano Salvatore]
Ce soir, c'est certainement mon dernier clash, après, de la discipline, j'rends l'dossier
Alors j'ai choisi Sam car j'voulais voir du feeling sans forcer et les lyrics s'envoler
Mais n'est-ce pas paradoxal de choisir Sam pour finir en beauté ?
Je me fous de c'qu'il fait, j'suis venu pour le gifler
Le rap va mal, on est passés de Lunatic, "Le crime paie", à Saminem le crispé
La violence n'a pas d'âge et, dans les cours de récré', y'a de gros dommages
Et, depuis petit, t'as c'physique que tes potos clashent
Le plus bâtard, c'est pas qu'ils t'mettaient derrière, sur les photos d'classe
C'est qu'c'était derrière le photographe
Petit, on parle de ta laideur dans des milliers d'endroits
À cette époque, t'es triste et sans voix
À Halloween, tes camarades de classe se déguisaient en toi
Car t'es vraiment intelligent, mais d'une intelligence qui t'permet pas d'être dans l'vrai
T'as un gros cerveau mais, dis-moi, qu'est-ce t'en fais, espèce de tête enflée ?
Camille, j'vais t'expliquer l'topo
J'me dis que, soit ton cerveau est p't-être trop gros
Soit que ton front va à la salle et travaille ses pectoraux
On dirait qu'les parties de ton visage ne s'entendent pas entre elles, bon, ça donne un visage marrant
Mais on dirait qu'chacune a un caractère bien différent et se tiraille vachement
Par exemple, on peut voir que ton menton est plutôt du genre à prendre du recul alors que ton front, lui, va d'l'avant
Tes yeux sont rêveurs, perdus dans l'horizon scintillant
Ton nez, lui, reste dans son milieu, mais tout de même inspirant
Mais, entre eux, c'est l'bordel
Parce que ton front pense qu'il est en tête, loin devant, depuis qu'il est né
Mais ton nez n'est pas d'accord et, monter sur le front, c'est c'qu'il aimerait
Tes yeux restent bouche bée face à ça, essayant d'inspirer le contrôle plus que tout
Pendant que ton menton, lui, fait de l'œil au reste de ton corps, et il est clairement sur le coup
Arrête de faire le gars
T'as un visage à t'faire du bien tout seul, ne m'emmerde pas
Puis j'suis sûr que même ta bite veut pas voir ta gueule, que, quand tu bandes, toi, c'est vers le bas
Du coup, c'est une attitude désinvolte que tu dois adopter
Car on t'regarde chelou, on t'juge quand on t'passe à côté
Alors qu'pour toi, c'est pas qu't'es moche, c'est juste qu'on comprend pas ta beauté
Camille, y'a un truc qui m'interpelle, on t'voit jamais en selfie en train d'faire une story
C'est parce que tu sais qu't'as la tête d'un pervers comme Berlusconi
Ou juste celle d'un mec qui va faire une connerie
Je sais que ton ego est très tenace mais, là, j'te laisse méditer un temps
Tu diras qu'y'a pas d'mérite, que, tout un round sur l'physique, c'est dégueulasse
J'te dirai que ton physique est dégueulasse et que ça méritait un round
Parce que t'as fait trois rounds sur les aveugles à Oliver, et j'suis pas l'seul qui hallucine
Puis, j'veux pas en remettre une couche mais, venant d'un esprit aussi clairvoyant qu'le tien, j'l'ai pas vu venir
Camille, je me dois d'être franc : en vrai, c'est toi, l'aveugle
Car la bite n'a pas d'œil et t'as vraiment une tête de gland
[Round 1 : Saminem]
Hermano, c'était les reverses, les patterns, tout un round juste avec
Le mot "nez", mais faut pas s'étonner quand on fout l'sien partout si, au final, ça pue la merde
Il était technique tout l'temps, drôle parfois
Il a apporté plein de choses, m'a donné l'amour pour le choke et, quand je ferme les yeux, j'entends encore sa voix
Attendez une seconde, est-ce réel ?
J'étais persuadé qu't'étais plus d'ce monde, j't'ai vu t'suicider au RC 13
Fini, plus d'signal du mec à la mine épatante
Après, t'as fait l'15 puis l'18 mais les secours sont pas arrivés à temps
T'étais parmi les meilleurs mais, là, t'enchaînes les perf' un peu moyennes
T'es l'inventeur des reverses et, rien qu'pour ça, j'ai de la haine
T'aimes tellement ça que, ta carrière, c'est juste un reverse de la mienne
J'te le dis : sans choke, Blackapar aurait gagné cent fois
On lui a reproché d'parler aux morts mais tu m'laisses pas vraiment l'choix
Tu penses que j'abuse ? Arrête, si t'es pas un fantôme, ok, raconte
Pourquoi tu sors la nuit, drap sur la tête, à part ça, si ce n'est la honte ?
Arrête de forcer les choses, de revenir faire des rounds tout éclatés
Tu reviens sur l'ring pour chercher la guerre, j'te souhaite d'enfin trouver la paix
Car, on est d'accord, t'étais fort, mais t'es plus vraiment dans l'top
Arrête de forcer les choses, de revenir faire du battle rap
Arrête de forcer les choses, de revenir violer l'esprit du battle rap pour prouver qu'tu bandes encore
On a quelques bons souvenirs de toi : au lieu d'les gâcher, sois content
Plutôt que d'réécrire l'histoire d'une page qui a été tournée y'a longtemps
Moi, j'veux juste que tu comprennes que c'est cuit : si mes mots t'aident, de rien
T'as plus la passion ni les skills, t'es l'seul fantôme qui ne possède rien
T'es mort comme le temps où Booba était fort
Soit t'as perdu des forces...
J'ai dit : t'es mort comme le temps où Booba était fort
Soit t'as perdu des forces, soit ta réput' était fausse
Au lieu de déterrer des corps, d'ramener des vieux qui marchent à peine
Laissez passer la jeunesse, qu'elle redonne de la vie à la scène
Bon, j't'ai comparé à Booba, j'l'ai tenté au bluff
Mais, contrairement à Booba, dans tes classiques, y'a zéro neuf
Donc parlons-en d'tes "classiques"
Un gars qui s'appelle "Blackapar", tu l'appelles "BlaBlaCar", et on te félicite
Depuis, j'remets tout en question, j'me demande si mon oncle raciste est, lui aussi, un lyriciste
Mal prononcer le nom des gens, depuis quand c'est une punch' ? S'ils t'envoient une punch', t'auras une bonne raison d'mal prononcer le nom des gens
"T'aurais dû t'appeler..." : alors non, mec, ce genre de phrases, c'est ton art
Mais t'as perdu contre Res, c'est toi qui devrais changer ton blaze
T'as un fétiche des blazes, j'ai l'impression
Paraît qu't'as fait un gosse pour lui donner un prénom : tu vas trop loin, c'est non
Toi, t'es "Hermano Salvatore", euh, "Manito"
Euh, "Hermano", bref, va falloir t'mettre d'accord
Car on n'arrive plus à capter, j'sais pas si tu comprends
Toi, plus t'es blasé, plus t'es content
De tes jeux d'mots sur les blazes, de ça, t'es fier
Mais c'est pas très fairplay quand on sait qu'pour les Espagnols, ton blaze, c'est "Frère", frère
Ça veut dire qu'tes parents ont eu un autre garçon ou bien une fille
Moi, j'pense que tu t'es appelé "Frère" car tu sais très bien qu't'as rien d'unique
Eh, sachez qu'y'a qu'les grosses sommes qu'il estime
Il fait l'poète pour faire des ronds, il passe son temps à faire ses comptes
Mais, dans ses sons, c'est son histoire que ce frère grime
Et, ok, cette ligue peut peut-être te redonner une forme d'élégance
Mais t'étais où pendant qu'on formait ses rangs ?
Si t'es un frère, t'es le p'tit, celui qui profite de c'qu'ont déjà porté les grands
Donc, vas-y, tu peux faire des blagues sur mon joli blaze
On dirait qu'tu veux faire en sorte que les gens retiennent le nom du gars qui t'a bodybag
("Temps", comme il disait à l'époque)
[Round 2 : Hermano Salvatore]
Si Camille sort un flingue, je l'jure, ça m'fait tant rêver
Mais, si ce flingue a son flow, de sûr, il est enrayé
Car, oui, faut l'avouer, c'était une masterclass, ce troisième round contre Louvar, même un peu trop pour ton niveau
Car tu nous l'as interprété comme un pauvre idiot
Avant d'vouloir sortir un flingue, tu veux pas juste sortir ton texte comme il faut ?
Parce que, performer sans te vautrer, faudrait
Eh, j'ai dit à Naps que j't'affrontais, il m'a dit : "Chokay, chokay"
On l'a tous vu : face au public, t'es crispé, et cette aberration t'renferme
Mais, comme dans l'nucléaire, tu peux éviter la criticité : si y'a pas d'réaction, enchaîne
Quand tu kick, t'hésites, t'es apeuré, tu t'essouffles
J't'apprécie, c'est triste mais, quand tu bug comme un te-bê', tu m'dégoûtes
J'suis si précis, t'es dyslexique
Tes lignes grésillent dès qu'le public te met sur écoute
Et t'as dit à Louvar que, quand il les lèche, les chattes sont froides
Pourquoi ? Parce que, zerma, avec toi, les chattes sont chaudes ?
Excuse-moi mais, quand on voit tes problèmes d'élocution
On s'dit qu'dans le maniement d'la langue, t'y connais pas grand-chose
Camille, les vrais kickeurs se marrent sans pudeur de ton sort
Toi, le massacreur de textes, le bourreau d'la récitation, l'enculeur de consonnes
On dirait que, quand tu rappes, tu t'fais du mal, que, quand tu débites, tu pourrais comme t'étouffer
Au point où, à tes débuts, tes parents te disaient : "Fais pas l'con, Camille, pose ce couplet"
Car t'écris des putains d'chefs-d'œuvre mais, quand tu nous les livres, tu les massacres, tes mots dérapent, tes flows périssent
Alors j'vais utiliser ton humour pour qu'tu comprennes bien tout l'message et retiennes vite
C'est comme si tu cuisinais d'la haute gastronomie dans un étoilé mais qu'tu mettais Oliver Twist au dressage et au service
Pourtant, zozoter ou avoir un cheveu sur la langue, bah, Camille, y'a pas à dire
C'est saisissant, ça fait souvent son charme
Même si "c'est saisissant, ça fait souvent son charme", toi, t'arrives pas à l'dire
Je dirais pas que ton enfance est épatante
Petit, tu la voyais tellement, tu pensais qu'ton orthophoniste, c'était ta tante
Et elle a tout fait pour toi, elle a tout essayé
Mais, après dix ans de consultations déchaînées à un rythme effréné
Enfin, ça y est, c'est ton orthophoniste qui bégayait
Mon texte a du corps, ton texte a ton corps, y'a pas d'débat, Camille, tu l'sais
Tu gères ton corps comme ton texte et c'est très mal articulé
Louvar a qualifié tes tremblements de "spasmes", et le p'tit kho a l'œil
D'autres diront qu'c'est dû à une partie d'ton cervelet qui régule mal le niveau d'ta peur
Moi, je crois que, quand elle était enceinte de toi, ta mère a abusé d'son vibromasseur
Et elle a bien raison, elle s'épanouit, depuis, ton père l'appelle "la tigresse du secteur"
Donc tu ferais bien d'la croire quand elle te dit qu'si tu veux vraiment kiffer dans la vie, tu dois passer à la vitesse supérieure
Une diction ravagée, de la friction et des mots qui sont bazardés
En fait, c'est pas qu'tu chokes, c'est juste tes textes qui s'enfuient de ta tête pour pas être massacrés
En fait, rares sont les moments où tu m'as épaté
Et, en bref, j'te remercie pour chacun de tes chokes car c'est un bout d'texte bien écrit que tu as épargné
[Round 2 : Saminem]
Non, non, non, j'suis pas d'accord avec c'qu'il vient d'dire
Les trous dans mes chokes, mes trous...
(En fait, j'suis d'accord, en fait, j'suis d'accord)
Les trous dans mes textes, c'est pas des chokes, c'est les phrases que Bramzo m'a pris
Les trous dans mes textes, c'est pas des chokes, c'est les punch' que Bramzo m'a pris
Mon équipe vient marquer son époque, les rageux sous hémorragie
Dès qu'un MC est à son top, on dit qu'j'ai écrit une ligne ou deux
Toi, depuis qu'Lamanif et Tetris sont forts, plus personne n'dit qu't'écris pour eux
J'ai donné d'l'argent à Tous Salopards, comme Tetris l'a dit
J'ai partagé ta musique à mes mille amis
Pendant c'temps, tu faisais d'la pub pour Uber, laisse-moi préciser ma pensée
Pendant qu't'assumes d'avoir besoin des autres pour avancer, moi, j'ai fait vivre ta 'sique, et
Depuis qu't'oses y mettre de la thune pour être le mec dans l'actu'
Les gens t'arrêtent dans la rue, genre : "T'es pas l'mec de la pub ?"
Et, même si je dis le contraire, la connexion devait se faire, pour être vraiment très sérieux
C'est un hommage à tes concerts où tout l'monde est la main en l'air pour appeler un taxi et rentrer chez eux
Donc, peu importe comment t'es venu, j'te découpe salement
T'aurais fait d'la pub pour Uber Eat, on aurait eu quelque chose à s'mettre sous la dent
Mais, vu comment j'te malmène, qu'on t'ramène, c'est déjà un soulagement
Moi aussi, j'fais d'la pub : au battle rap, quand j'y lâche des bombes
Pour ta musique, quand j'partage tes sons ; t'as besoin d'argent, c'est pas la question
Car, faire d'l'argent, c'est oui ; faire d'la pub à des connards, c'est non
Donc annule ton taxi, ce soir, c'est moi qui t'ramène à la raison
Tu tombes car t'as pas assez d'recul, à chaque fois, tu passes à côté ou sous la barre
Mais profites-en, d'être au milieu d'la chute, pour faire une pub pour Ushuaia
(Oh, j'ai réussi à l'dire, incroyable)
Car celui qu'on payait moins avait une belle réput', ses punchs : que des finishers
Aujourd'hui, c'est nul, plus on t'paye, plus t'enlèves des trucs, depuis quand t'es devenu stripteaseur ?
Tu fais du rap conscient et sponsorisé, on pourrait croire qu'ce monde déconne
Mais, depuis l'début, t'es connu pour n'faire qu'citer le nom des autres
Tu penses que t'es légit', là pour crédibiliser la scène
Oui, t'es là pour remplir la carte de crédit, mais seulement la tienne
Car, quand on voit mon nom sur une carte, on s'dit : "Oui, ça va faire mal"
Quand on voit son nom sur une carte, on s'dit : "Il doit s'acheter..."
Quand on voit mon nom sur une carte, on s'dit : "Oui, ça va faire mal"
Quand on voit ton nom sur une carte, on s'dit : "Il doit s'acheter quoi ?"
T'as mis d'l'argent dans ta musique, espérant qu'il se passe un truc
Puis, pouf, t'as plus d'argent et ta musique t'appartient plus
Donc continue d'faire, pour un peu de flouze, ces choses qui ont tendance à t'dégoûter
Et ta musique sera connue de tous mais t'arriveras plus à l'écouter
Tu t'es vanté d'toucher plus que Res, euh, tu t'es gourré, c'est sûr
Vous aviez l'même cachet, le reste, c'est l'dédommagement pour les coups et blessures
T'es nostalgique, même ta musique est une ode au temps perdu
Depuis qu'tu dis qu't'as jamais autant gagné, bah t'as jamais autant perdu
Toi qui voulais du cash, du blé, d'la fraîche, "sans renier l'authenticité que tu as dans le cœur"
Bah tu t'es fait enculer à sec car tu peux pas avoir le beurre et l'argent d'Uber
J'ai tué Tetris puis toi : au bilan, deux meurtres, c'est pas rien
Toi, tu pensais qu'le rap te payerait une villa : te voilà mis en demeure, c'est pas loin
J'ai passé ma vie à gratter des lignes, toi des sous, moi déçu d'savoir qu'y'a qu'le cachet qui t'excite comme le viagra
Donc tu crois qu't'es sur les planches mais t'es dessous, toi qui veux être pété de flouze
Mets tes dessous sexy et exhibe-toi comme une traînée debout
T'as laissé ta trace mais, facilement, on t'efface comme une traînée de boue
Donc rien à foutre que tu sois payé le double, je trouve l'info éclatée
Puis faut bien payer les deux toi : le toi du passé maintenant l'niveau et l'toi d'maintenant au niveau dépassé
[Round 3 : Hermano Salvatore]
Tu voulais que cette fille te soit reine, toi son cavalier
Tu voulais qu'ta vie soit belle et t'as bataillé
Tu t'es battu contre toi-même mais t'as pas gagné
Tu n'es pas vaillant, Camille, ça, c'est vrai
Heureusement qu'ton but à l'école, c'était juste de te fondre dans la masse et non d'te faire accepter
Parce que t'es pas vaillant et tu fais aucun effort vestimentaire, tu t'es jamais apprêté
J'crois qu'tu t'habilles mal depuis petit juste pour être sûr de pas te faire racketter
Et, même encore aujourd'hui, hein, quand tu viens à Paris pour battle
J'suis sûr qu't'utilises toujours la même technique de blaireau
Que tu te dis : "Allez, j'mets mon ensemble pull et jeans de Célio
Et j'éviterai cette équipe de négros dans la ligne de métro"
Mais, la vraie défense, c'est l'attaque, ou la contre-attaque
Du coup, tu t'es mis à traîner avec Bramzo et 2Taf, tu t'es dit : "C'est bon, ça claque"
Surtout qu'on sait tous que c'est ton fantasme depuis l'collège, d'être collègue avec les mecs du fond d'la classe
Parce qu'avant, les mecs du fond d'la classe, bah ils t'obligeaient à faire leurs devoirs, entre vous, y'avait un délire douteux
Toi, tu penses que ça a changé mais, moi, j'crois pas, vu qu'aujourd'hui tout l'monde sait que tu écris pour eux
Mais, depuis qu'tu traînes avec Bramzo, t'es devenu un drôle d'animal
C'est qu'tu t'prends pour un vrai DZ et qu'tu trouves ça pas si mal
Mais pour ta famille de racistes et de patriarches
C'est soit il commence à t'manquer une case, Camille, soit tu veux devenir kamikaze
Du coup, ils font semblant d'pas voir le drapeau d'l'Algérie qui pend dans ta chambre
J'entends qu'ça s'tente ou qu'le délire est cool
Mais, pour ta famille, tu deviens juste un enfant d'Satan
Et tu donnes raison à Éric Zemmour et sa théorie du grand remplacement
Et c'est là qu'j'ai compris qu'sa connerie est illimitée
Parce que, Saminem, il s'est converti, oui, mais il s'est converti à la street crédibilité
Alors il s'est mis à boire un peu plus d'alcool, à fumer deux/trois pilons
Puis, tous les jours, il fait ses prières en direction d'la prison
Mais tu commences déjà à regretter ton choix, y'a plus rien d'exemplaire chez toi
Toi qui pensais qu'te convertir te rendrait plus léger, comme du .wav en .mp3
Tu sais, que tu sois pas un vrai bad boy, mon grand, j'm'en fiche
D't'façons, ta street crédibilité est tellement pauvre que, quand tu dis "wesh", bah "wesh", on entend "Wish"
Et j'entends : "Cam' est bien meilleur, Cam' est imprenable quand il pose ses mots"
Mais j'vais faire disparaître leurs "Cam' est" comme une overdose d'héro'
Vous allez voir comme c'est beau
T'as dit : "Moi et Bramzo, on rackette tes baskets avec de l'attitude", moi, j'ai pas adoré ça
Bon, c'qui m'a chagriné, c'est pas qu'tu fasses le voyou : tu t'es emporté, on te pardonne cette fois
Ni que tu mettes ton pote arabe dedans, ça, c'est juste le plus salaud des choix
Non, moi, c'qui m'a chagriné, c'est qu'quand on parle bien poliment et l'français, Camille, on dit pas : "Moi et Bramzo", on dit : "Bramzo et moi"
Putain, mais pas toi, Camille, s'te plaît, toi, le mec sensé
Qui nous casse constamment les couilles avec toutes ces foutues règles de français
Alors peut-être que t'étais absent ce jour-là, qu'ils ont appris cette règle en cours sans toi
Ou p't-être que t'as un problème avec les règles depuis qu'ta femme te dit qu'elle a les siennes environ trente jours dans l'mois
"Moi et Bramzo" : c'est terrible, putain
Puis Camille qui rackette des baskets, a.k.a "le génie des bracos"
Et qui fait ça d'façon impolie, en plus : mais t'es vraiment le pire des salauds
Mais, si un flic t'avait arrêté et demandé : "Qui a racketté ces baskets ?"
T'aurais juste dit : "Moi, je dirais Bramzo"
Tu t'comportes comme un sale chien mais ça se tient, tu mets ton nom avant celui des tiens
Pour te venger d'ce temps où même eux n'connaissaient pas le tien
Pire, tu t'comportes comme une sale chienne qui crache pas mal de haine
Tu mets ton nom avant celui d'tes potes pour te venger d'l'époque où même eux...
Tu t'comportes comme un sale chien mais ça se tient, tu mets ton nom avant celui des tiens
Pour te venger d'ce temps où même eux n'connaissaient pas le tien
Pire, tu t'comportes comme une sale chienne qui crache pas mal de haine
Tu mets ton nom avant celui d'tes potes pour te venger d'l'époque où c'est le leur qui sortait d'la bouche des femmes que t'aimes
Et puis, pour la dernière, bah c'est Louvar qui m'l'a filée, tout simplement
On peut tous voir dans la salle que t'es vraiment pas solide en amitié
La dernière fois qu't'as épaulé un pote, regarde c'qui est arrivé
[Round 3 : Saminem]
Alors comme ça monsieur s'prend pour un professeur ? C'est premier degré qu'il fait des masterclass
T'as donné un cours d'histoire à Louvar pendant qu'il marquait celle du battle rap
Toi, à chaque fois, tu pars comme un lâche, reviens comme un bon prince deux ans plus tard
Mais c'est pas un retour, c'est une marche arrière car ton...
Monsieur s'prend pour un professeur, c'est premier degré qu'il fait des masterclass
T'as donné un cours d'histoire à Louvar pendant qu'il marquait celle du battle rap
À chaque fois, tu pars comme un lâche, reviens comme un bon prince deux ans plus tard
Mais c'est pas un retour, c'est une marche arrière car ton avenir est un cul-d'sac
Tu cours après ton passé, mal à l'aise, comme si t'avais la mort à fuir
Mais j'parlerai pas d'la chatte à ta mère, j'ai trop peur qu'ça t'rende nostalgique
En parlant d'nostalgie, tu t'accroches à ta jeunesse de toutes tes forces
Un jour, un prof t'a dit : "Monsieur, vous pouvez pas rester ici, vous gênez tous les gosses"
Refuser d'avancer, moi, j'trouve ça bizarre comme plan
Tu pourrais coucher avec une fille qui a quatorze ans car tu l'faisais quand t'avais quatorze ans
Moi, rester bloqué dans l'passé, ça m'va pas, j'préfère regarder droit devant
Et j'ai moins peur de perdre que d'te voir marcher à quatre pattes juste parce que ça te manque
De tes rêves de minot, il ne reste que des cendres, ils ont pris feu comme de la paille
Donc, si j'm'adresse au rideau, c'est pour t'dire : "Redescends, c'est fini, il faut qu'tu sortes de la salle"
Tout l'monde constate que tu as vieilli, toi, tu refuses de voir que tu as changé
La nostalgie est une encre avec laquelle t'écris mais qui t'fait toucher l'fond et t'empêche d'avancer
Tu t'accroches à c'qui n'est plus, moi, je pense que t'es en train d'devenir fou
Et, même quand on a l'impression qu't'avances, bah t'enchaînes juste deux demi-tours
T'arrives pas à sortir de ta cage, t'es prêt à insister pour en faire un vite fait
Bientôt, tu feras des battles dans des mariages dans lesquels tu n'es pas invité, devant des gens indignés
T'aimes que les fans te suivent, le pouvoir te rend aveugle, t'aurais dû t'appeler "Daredevil"
Mais, toi qui étais dans l'futur, t'aurais dû t'appeler pour te prévenir de surtout pas revenir
Tu rêves de l'époque de la Game Boy, du bol de Chocapic
Toi, tu pourrais être nazi, mais pas par conviction, juste par nostalgie
Donc, allez, oust, faut dégager, vraiment, il est grand temps de s'en aller
T'es tellement à l'ancienne que, le toi du futur, il est déjà dans l'passé
T'as fait un retour avec Lamanif, contre Res aussi, un retour aux sources, effectivement
Bref, tous les retours possibles, sauf sur investissement
Pourtant, t'investis tout dans ta musique et, ça, mec, j'apprécie
D'ailleurs, les Ray-Ban, c'est pour voir l'monde différemment et, ça, ça t'aide à écrire
Tu rêvais d'une carrière aux mille éloges, t'as rencontré des producteurs qui t'ont promis des sommes, t'avais jamais vu aussi énorme
Ébloui par les flashs, ça fait deux ans qu'ils t'font marcher sans atteindre ton but, ça, c'est Olive et Tom
Toucher tout l'monde, c'est c'que tu veux, à la base, mais, pour ça, faut qu'les CD soient vendus
Grâce à eux, t'as rencontré R.E.D.K., AKH, mais pas encore l'succès attendu
(Mais peut-être, peut-être un jour)
T'aimerais vivre de ça mais t'es victime de ce choix
Tu vas pas finir riche si tu tombes plus vite que le cash
Moi, j'suis sans concession, c'que j'ai à dire, je le crache
Donc, si tes textes viennent du cœur, ils vont croiser chaque ligne que je lâche
Car, avec ton cash, tu paies du clip, faut bien générer du clic, t'es bien sapé, tu brilles
Mais, toi qui voulais percer dans l'son, c'est qu'avec ton image que tu fais du bruit